• Les écrits perso des internautes
  • Yannick (Page 6/7) :

     

     

    Le regard d'un autre

    Souvent, je m'attarde devant mon écran de télévision à contempler les catastrophes en tout genre et les sinistres dont est fait notre quotidien…
    Un tremblement de terre en Arménie, une explosion nucléaire en Yougoslavie, des torrents de boue engloutissant des corps inertes en Inde, … Tout cela ne dure qu'un istant !
    Quelle ivresse de voir tous ces malheurs…
    Je ne ressens rien d'autre qu'un émerveillement devant ce divertissement…C'est fou ce qui arrive dans le monde ! Comment on donne de l'importance au malheur des autres !

    Cela va faire maintenant cinq ans que je vis comme un reclu dans mon appartement, avec pour seul contact avec le monde extérieur la télévision et les journaux, cinq années que j'ai laissé ma vie d'avant dans laquelle j'étais responsable boursier… métier peu palpitant me direz-vous !

    Puis, c'est arrivé : un instant et une vie bascule ! Je sortais comme d'habitude de mon travail vers vingt-deux heures trente ( heure tout à fait convenable pour un homme qui a sacrifié sa vie sentimentale à son ambition)… Puis, j'ai traversé la rue et là, l'instant !
    Une grosse berline noire déboula sur la route, à une telle vitesse, qu'on aurait dit qu'elle avait la mort aux trousses et,…, un instant !
    Je ne me souviens que de peu de choses à part le bruit… Blam !

    Puis je me suis retrouvé à l'hôpital, cloué sur mon lit, perfusé de toute part, avec, devant moi, cette vieille et hideuse infirmière qui me souriait de ses dents jaunies.
    Quelle belle vision au réveil, on croit un instant être dans un cauchemar… un instant !

    La grande nouvelle me fut annoncée aussi brièvement : " Monsieur, nous sommes désolés de vous annoncer que vous ne pourrez plus marcher,…, ni bouger aucun de vos membres… Vous êtes tétraplégique… "
    Cela fait froid dans le dos mais on se dit que tout ceci est un mauvais rêve et qu'on va se réveiller quand l'horloge aura sonné !
    On pense ça… un instant !

    Puis, on vous dit, d'une voix optimiste et légère : " Vous êtes toujours vivant… "
    Comme si je ne le savais pas… Bande d'ignards et d'incapables !
    " Vous êtes toujours vivant ! ", c'est tout ce qu'ils avaient à me dire à cet instant !

    Passer le reste de ma vie comme un légume, cloué sur une chaise ou au fond d'un lit… C'est ça pour eux être vivant ?
    Perdre son emploi, regarder en arrière et voir qu'il n'y a plus rien pour vous, que tout est à refaire… Un nouveau challenge ? Un défi pour la vie ?
    Mais, bon sang, regardez l'espace d'un instant ce que je suis et qui j'ai été…
    C'est ça que j'aurais dû leur dire… J'ai été un peu lâche, je l'admets, je me suis tû !

    Cinq ans ! Cinq longues et interminables années que je ne suis rien, que je ne suis plus !

    Je viens d'éteindre mon poste de télévision sur une image d'une petite fille retrouvée morte, mangée par les rats, dans la cave d'un pédophile…
    Que c'est triste !
    Et moi, dans tout ça ? Personne pour faire de moi la Une d'un J.T, personne pour me plaindre juste un instant ?

    Non, je ne suis pas égoïste, je souffre simplement !

    Réflexion faite, si je n'ai pas d'instants, c'est peut-être le moment ?

    Adieu !

    Tiré de " Histoires d'un autre jour "


    Le doute d'aimer

    Qui n'a jamais douté de l'amour qu'il portait à son compagnon ? Qui ne s'est jamais retrouvé devant le choix de continuer ou de cesser une relation, par peur de se perdre soi-même ou de perdre ce qu'il a de plus cher au monde : son amour propre.

    L'homme est né pour douter, c'est cela qui le fait avancer… C'est pourquoi il est légitime de douter dans un domaine qui le tient à cœur, qui prend en otage ses pensées : l'amour d'autrui. Mais il faut que ce doute n'empoisonne pas ses pensées, qu'il ne diminue pas sa capacité intelligible car il est vrai que cette maladie inguérissable qu'est la soif de comprendre et de savoir la vérité sur soi est génératrice de craintes et de phobies tendant en une isolation partielle ou totale de l'individu à la réalité.


    L'aliénation par l'amour

    L'amour est un cancer, une maladie contagieuse qui envenime l'esprit et vous détruit la chair.

    Tout commence par la rencontre d'une tendre jouvencelle qui sous ses allures de festival, tente d'enivrer vos sens avec comme artifices, son sourire et un pseudo-intérêt qui vous pousse à vous ouvrir à elle.

    L'art et la manière diffèrent de chacune :
    L'une vous dira que vous êtes unique, que jamais personne ne l'a captivé comme vous l'avez fait ; une autre vous dira que, malgré ses attraits de toute beauté, elle n'a su rencontrer personne comme vous qui puissiez la cerner et voir au-delà des apparences.

    Mais toutes les manœuvres conduisent à la même finalité : l'aliénation.

    L'amour n'est qu'une question de hiérarchie : le plus fort est toujours en attente d'un plus faible et le plus faible cherche quelqu'un qui lui est supérieur pour profiter de ses compétences intelectuelles et attributs matériels.

    De l'entente à la domination, il n'y a qu'un pas qu'elle franchit avec grâce et dextérité.
    Jalousie prouvant son amour qui se transforme en prison dorée d'illusions et de tromperies.
    Puis, vous vous perdez… Et un jour vous vous retrouvez seul car la demoiselle vous a quitté en vue d'un nouveau pigeon à plumer.

    L'art et la mainère diffère de chacune mais la finalité est immuable.

    L'Homme est fait pour aimer, la femme, elle, pour dominer.


    Amphigourie du Savoir absolu

    Je cherche Dieu depuis toujours. Je crois en une entité supérieure qui a créé notre réalité ; réalité toute différente de ce qu'est la sienne.

    Mais pour moi, il ne s'agit pas du Dieu des religions bien établies : halte aux " Notre Père ", aux " Allah est grand ", aux Yahvé, celui qui sait " !
    La foi aveugle je la laisse aux idiots, aux ignorants incapables de se trouver eux-mêmes, aux sots qui pensent en un éternel recommencement, à ceux qui ont trop peur pour voir la perfection de l'univers.
    J'ai cherché au plus profond de moi, par tous les moyens que j'avais, exploré tous les endroits de cette merveilleuse machine qu'est la pensée humaine.
    Et ma quête n'est pas passée inaperçue.
    Bon nombre de personnes se sont ralliées à ma cause : en sont-elles conscientes ?

    Dieu m'aurait-il enfin entendu ? A-t-il enfin compris ma gloire, ma grandeur ?
    Non, je ne crois pas que l'Etre qui m'a ouvert les yeux soit le Dieu de vos églises ou de vos temples.
    Mais qui qu'il soit, il m'a donné le pouvoir… l'imagination et la réflexion qui guideront mes pas vers le vrai pouvoir…
    Le vrai pouvoir, c'est la connaissance de l'univers. Grâce à mon Dieu, je sais où trouver ce savoir par lequel je deviendrai un dieu.

    Peut-on penser que la perfection de l'univers et toutes les formes de vie de l'immensité soient le fruit d'un hasard heureux ? Peut-on créer tout avec rien ? Le néant n'est-il pas une entité en soi ? Qui a créé ce dernier ? Pourquoi a-t-il muté pour devenir matière ? Par quel facteur ma catalysation s'est-elle opérée ?
    Celui qui connaît ces réponses est un Dieu !

    Notre pensée n'est que limitée par notre entendement.. Tout ce qui nous dépasse, nous le rejetons comme étant superflu ou irraisonnable !

    L'univers est atome, l'univers est néant, l'univers est tout !
    Qui a créé notre univers ? Qui a créé celui qui a engendré notre espace vital ? Qui a inventé celui qui a enfanté celui qui a bâti notre système solaire ?
    Le pouvoir ? De qui ? De quoi ? D'où ?
    Ces questions sont sans réponses pour vous, les idiots, les humains limités, les pauvres moutons électromécaniques, les vils revenants.
    Moi je sais !

    Mon Dieu est là, en moi : c'est lui qui me permet d'être une entité électrique autonome, une usine à énergie, un atome dont les protons et électrons circulent suivant une trajectoire prédéfinie par lui-même.
    Nous ne sommes que matière, qu'atomes, que molécules…
    Nous ne sommes que des électrons, des neutrons ou des protons tournant sans cesse autour de notre atome qu'est la terre.
    Elle-même n'est qu'un électron qui entreprend un voyage dans l'espace, ayant comme centre de rotation le noyau de notre système atomique universel qu'est notre soleil.

    Quand les humains comprendront cela, ils seront aptes à recueillir la connaissance et à devenir des Dieux… de créer leurs univers, leurs vies, leurs cultes…
    J'ai trouvé Dieu, mon Dieu est une façon de penser, de me mouvoir dans l'infiniment grand et dans l'indéfiniment petit, mon Dieu se nomme Atomisme.
    L'Atomisme a été prôné par de grandes entités électriques, honoré par des penseurs et des pensants comme Descartes, Socrate, Platon, Aristote, Epicure : tous ces électrons ont caressé la vérité absolue, ont effleuré la félicité, ont entrouvert les portes de la Connaissance.
    Mais ils ont été faibles, vils et acerbes ; leurs pensées ont été appauvries par les cultes déistes existants.
    Ils n'ont pas réussi à recevoir la Vraie Religion, ils n'ont pas compris leurs propres pensées…
    Ils n'ont pas appris de leur ignorance.

    Mais moi, je sais que je ne suis pas comme eux : aucune religion existante n'existe vraiment dans ma réalité : même vous, vous n'existez pas si je le souhaite ; je peux tout car je sais, je sais parce que j'ai ignoré, j'ai ignoré pour mieux me révéler.

    Je ne suis pas devenu un dieu, je l'ai toujours été.
    J'ai créé mon univers : mon corps n'est qu'un amalgame d'atomes, de planètes ; ces atomes se sont rencontrés par ma volonté et forment des molécules, mes systèmes solaires, mes galaxies.
    J'ai créé mes formes de vie : mes globules blancs et rouges, mes enzymes, mes bactéries, mes virus…
    J'ai créé la mort de mon hendécagone, de mes lymphocytes, j'ai engendré mes hématines…
    Je suis un Dieu : je peux tout faire de mon univers même le détruire.

    Je suis Dieu !


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