|
Yannick (Page
3/7)
:
Messager de la plume
Au théâtre des grandes désillusions,
Le poète, comédien et spectateur,
Réclamant le droit à la contradiction,
Plaint celui qui n’aime Dame Peur.
Il est comme le flambeau vivant,
Cherchant sa perte en connaissance
de cause ;
Brûlant d’horreur et d’extase
lentement,
Il illumine l’ère de vers et de
proses.
Trouvant dans la poésie, une mort
lumineuse,
Célébrant la messe noire de la
Beauté,
Le poète se convertit à une vie
douloureuse,
Colorée des feux de Prométhée.
Ses yeux sont pleins de vacillantes
lumières ;
Partageant l’âme du vin avec le
solitaire,
Il s’enivre de paradis artificiels,
Oubliant ainsi la vie cruelle.
Nouvel Air
Jamais, au regard d’une vie nouvelle,
Un homme n’a connu plus tendre
demoiselle.
Belle de nuit, aux attraits ensorcelants,
Vision de rêve au royaume du néant.
Ô fol Amour qui m’a dévêtu l’âme,
Devrais-je succomber à cette nouvelle
flamme,
Ou laisser cette peur d’aimer
qui me hante
Me détourner d’une très belle
amante ?
Le choix est dur mais n’en est
que meilleur,
Aller vers ma promise ou protéger
mon cœur ?
Telle est la question restant
en suspend,
Devrais-je à jamais ne demeurer
qu’amant ?
Ô diableries, flammes sulfureuses
de l’Amour,
La vie ne serait-elle qu’un éternel
retour
A des aventures célestes d’un
pauvre Diathème
Qui encore, à ce jour, n’a personne
qui l’aime.
Prière du soldat
Ô Dieu, mais où regarde le monde ?
Ces corps sanglants, ces femmes pleurants,
Mais pourquoi cette hécatombe ?
Sept jours de bataille meurtrière,
Les enfants crient leur souffrance,
Sur le ventre de notre Mère.
Ô Dieu, le Monde est immonde,
Moi qui suis un combattant,
Pourquoi ai-je l’âme qui gronde ?
Sept jours de tueries enfantées,
Dont j’ai été le perfide acteur,
Pardonne-moi mes péchés…
Soulage
mon cœur !
Quête inassouvie
A l’Ouest du soleil et à l’Est de la lune,
Là où toutes les âmes errantes ne font qu’une,
Il cherchera, à l’ombre d’un regard blessé,
Tout ce qu’il a perdu sans avoir gagné.
Au bout du petit matin, allant esseulé,
Dans la nuit d’un tendre souvenir passé,
Il guettera la moindre flamme vacillante,
Ce qui l’a rendu heureux, l’Amour qui le hante.
Aux levants et couchants dont est faite la vie,
Laissant au vieux bouc le soin de la tragédie,
Il sentira le poid du désir l’accabler,
Et ces regards à l’entoure le dévisager.
A l’Est du soleil et à l’Ouest de la lune,
Là où l’écume pleure sur la lagune,
Il s’arrêtera à l’ombre d’un regard blessé,
Sachant qu’il est vaincu, qu’il n’a pas pu gagner.
|