• Les écrits perso des internautes
  • Yannick (Page 5/7) :

     

    Amphigouris

     1.      La Rue

     D’un regard s’égarant sur la rue principale, qu’il est amusant d’admirer ce kaléidoscope de vies, marchant sur les pavés d’une rue nommée Eternité.
    Il n’est pas aisé de découvrir ce subtil engrenage vital, avec toutes ces caractéristiques… Mais, si on s’arrête un instant, l’esprit libre et sans trouble, on peut apprécier réellement tous les éléments de ce tableau naturel…
    Au premier plan, on y voit des hommes d’affaires se mêlant toujours de celles des autres, le regard sombre comme si Demain était la fin du Monde.
    Ils marchent au pas de charge, partant pour la bataille des capitaux, dans leur univers de fluctuations.
    De biens pauvres esclaves, ils sont ! Leurs chaînes sont faites d’argent, leur destin et leurs actions dépendant de multiples conjonctures économiques… De bien pauvres diables !
    Et là, dans un angle de cette œuvre, il y a les trotteuses et les frôleuses du parouart, vêtues de leur habit de chasse, cherchant un pigeon pour un repas.
    Beautés artificielles, roses d’un soir, qui sous tenues de festival, dissimulent le prix de leurs faveurs…
    Et ici, le marchant ambulant, poussant son chariot contenant mille et une merveilles, mille et un futur souvenirs, mille et une peines prochaines…
    Amis, l’œil du profane, aussi attentif puisse-t-il être, ne peut percevoir tous les éléments de cet enchevêtrement vivant. Il ne voit que les principaux, mais les secondaires…
    Et pourtant, sans eux, la vie serait mutilée !
    C’est ceux qu’on ne veut pas voir : le chien errant, vieux et malade, qui fouille les poubelles pour se mettre quelque chose sous les crocs ; la dame qui, ayant perdu un être cher, pleure à grandes larmes sa souffrance…
    Et là, le clochard qui n’a de la propreté qu’un vague souvenir… Il n’a de cesse de tendre sa main mourante vers les autres figurants. Qu’il est sale et mal vêtu ; d’une odeur de souillure il s’est fait la fragrance… Il jacte et hurle des mots de pestilence… Souffrance !

     J’aime la misère, celle que notre époque peint le mieux : elle est plus appréciable que la beauté ! En effet, l’attirance pour l’esthétique d’une chose ou d’un être ne dure qu’un temps, alors que la pitié et le vide au fond de nos entrailles que nous éprouvons pour la misère reviennent toujours avec la même intensité.

     La misère engendre la plus grande émotion que l’homme puisse éprouver !

     2.      De l’argent

     Ô vous tristes citoyens de la capitale des capitaux, des êtres aveugles vous êtes ; peut-être est-ce un peu tôt !
    Votre enfer d’argent me prend au collet !
    Voyant dans l’obscure cupidité et la lumineuse avarice, un mode de vie adéquat et salutaire à vos envies, vous n’êtes que les serviteurs d’un démon précieux auquel vous vouez un culte onéreux. Vous avez trouvé votre maître sans l’avoir cherché…
    Cette folie qui se déchaîne dans vos yeux, l’impulsion satanique vous donne la fièvre, qu’elle soit d’or, d’argent, de papier…
    Et à la fin d’une carrière, à un simple et misérable pécule se réduit à votre vie !
    Je vous plains !
    Prisonniers dans un monde où fluctuations et spéculations sont monnaie courante : pour vous, la vie ne vaut pas d’être vécue sans argent…
    Pourquoi donc vous obstinez-vous à prendre un chemin sans fin, bordé d’amertume et de vices ? Inutile de vous apitoyer sur l’indécence de votre vie  pour un sou, le remord est oubli…
    Je vous plains !
    Parce que vous vous haïssez, vous vous réclamez d’un esprit pécuniaire, vous forcez de fumantes portes au bout du chemin d’avarice.
    Ô, vous qui vous bouchez les oreilles, vous qui vous entre-tuerez demain pour un sou….
    Je vous plains !

     3.      Croire en l’erreur

    Toute ma vie n’est qu’une erreur !
    Depuis le jour où ma tendre mère m’a libéré des limbes du néant, l’éducation que je n’ai pas choisie m’a conduite à me pervertir.
    Cette éducation d’ornement catholique m’a forgé comme elle l’entendait, ne laissant aucune place à la liberté de pensée et d’expression.
    On vous sculpte, on vous travaille, on vous polit comme le marbre, en utilisant comme outils, des doctrines ancestrales qui n’ont que le mérite d’exister et non d’apprendre à être !
    Et moi, cette éducation, je l’ai suivie : Erreur…
    Mais l’enseignement emprisonnant de notre Eglise n’est pas la falsification de la vie qui m’a déterminé à prendre de mauvais chemins, mais elle m’a poussé sur la voie de la révolte…
    Cette révolte qui m’a poussé à agir contre la loi, contre ma famille, contre la vie !

     Drogue, vols et viols ont pavé la rue de mon existence ; et moi qui croyais attirer l’attention de tous ces gens qui m’entouraient… Erreur !
    Tous ceux que je côtoyais se sont détournés de moi ; j’avais obtenu l’effet inverse à celui désiré.
    Encore une erreur de ma part…
    Mais celle dont j’ai le plus souffert est celle d’avoir cru en l’amour d’une femme enfant qui inspirait à ma perte.
    Doux plaisir de s’être fait souffrir soi-même de par l’obstination que chaque homme a en lui et qu’il ne peut contrôler…
    Erreur de jugement, erreur de tempérament, erreur d’un amant !
    Erreur…
    Triste est ma vie, douce est ma reconnaissance de tant d’erreurs manifestes qui se sont dévoilées au fil des années, par l’expérience et la maturité acquises au fur et à mesure des tromperies sur soi-même, sur sa famille, sur celle qu’on aime, sur tous les autres qui n’ont pas eu le courage de me faire reconnaître mes erreurs d’antan !
    Mais, peut-être me tromperai-je de nouveau à penser ainsi ? Peut-être mes expériences que je juge malencontreuses et trompeuses ne le sont pas vraiment ?

     Ai-je encore commis une erreur ? Celle de croire en elle ! 

    4.      Les rêves de l’Ennui

    L’ennui, toujours aussi présent et pressant, tiraille notre âme et la torture comme le silence de la mort…
    Pour lutter contre cet adversaire invisible, il faut simplement fermer les yeux et ouvrir son esprit à l’imagination – Dame de toute peur et de toute joie. 

    Et là, s’évader !
    Être le maître du temps passé, présent et à venir, pouvoir voler dans le sillage de la liberté volatile, sentir tout son être s’embraser comme le bûcher des vanités, être soi comme on le veut, soit comme on le ressent…

     Et de là, se découvrir soi-même !
    Ressentir la présence nouvelle d’un amour mort, retrouver ses sentiments d’enfant, reconnaître sa vie d’antan, libérer ses pulsions secrètes et cachées par tant de peur…

     Et là, admirer son monde !
    Voir toute notre vie défiler, rencontrer les êtres dont notre enfance a été marquée, regarder l’édifice vital que nous avons construit peu à peu, entrer dans un univers où tout peut se réaliser…
    Inventer la vie et défier la mort en duel, faire que toute beauté puisse être à jamais éternelle…

     Et enfin, l’ennui sera battu : l’imagination triomphera du néant et laissera, derrière elle, une traînée de rêves auxquels nous pourrons nous accrocher à tout instant.


    De l’attente

    Enclosé de quatre murs qui rejettent l’émotion,
    Un homme se délecte de sa tendre passion.
    Il attend patiemment que sa mie ne revienne ;
    A cet espoir, chaque heure, chaque jour il s’enchaîne.

    Cette brune déesse aux attraits valeureux
    A fait de ce noble prince un vil lépreux.
    Elle ne soucie guère de l’attente du retour ;
    Ô grâce, messieurs, ne parlez plus d’amour ! 

    Et ce jeune homme qui attend fidèle ;
    Et cette femme, belle jouvencelle !
    Triste désespoir de l’attente amoureuse
    A laquelle il n’y a de fin heureuse… 


    Mes nuits

     

    Toutes les nuits me rappellent à toi… 

    Le soupir de ces draps qui se froissent, la froideur de mon corps étendu sur ce lit solitaire, et le silence absolu de la nuit si vide d’émotions… 

    Toutes mes nuits se souviennent de toi… 

    Nos étreintes amoureuses, la douceur de ta peau, ta voix si tendre, le réconfort de ta présence, et ton sourire au réveil…

    Toutes les nuits me rappellent ton absence…

    Les mots d’amour échangés, les caresses et les baisers, la joie de nos corps et e nos âmes réunis…

    Et, j’aimerais dans ces nuits, être à tes côtés, entendre ton souffle qui me dit « je suis là, n’aie pas peur… », te serrer contre moi pour que tu ne partes pas, t’embrasser et te dire simplement et amoureusement :

    Je t’aime ! 

     

    Pour celle qui a éveillé en moi ce que tout homme aimerait connaître : l’Amour.


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