• Les écrits perso des internautes
  • François Lefébure :

     

    L'aveu

    Tu me fends le cœur de ton fouet caché
    Et le sang s'évade de ma blessure enflée
    La souffrance veut jaillir de son urne
    Elle est grande mais reste cachée

    Les perles noires sont en grand nombre
    Comme les litres de l'océan
    Enfants d'un insondable chaos, sombres
    Et détenus par une ferme volonté

    Ne vous en allez pas enfants, j'ai besoin de vous !
    Pour faire de vos corps moroses quelques lumières
    Dont les lueurs se manifestent surtout
    Sur ce tapis bien noir où vos yeux s'attardèrent.


    Le poison

    La chose envahie la gorge des misérables âmes
    Manipulant leur subconscient de ses bras avariés
    Leur esprit enchanté et leur cou eniaissé
    S'abandonnent au pouvoir, vomissant le mal

    Dans l'orbe crânien, siège des plus profonds abysses
    Elle y trempe son doigt sournois et pernicieux
    Etouffe les repentirs, exalte les vices
    Pandore, pourquoi as-tu libéré l'odieux ?

    Sa séduisante poitrine attise le feu des chairs
    Et sans peine à la baguette, elle emmène Adam
    Dans sa danse épouvantable balançant de faux airs
    Loin de Dieu dans sa promenade, chantant :

    Désormais je vous possède car vous m'aimez très fort !
    Suivez mes beaux talons et mes bas audacieux !
    Je suis bien laide mais vous promets le réconfort !
    Et le pouvoir… de devenir Dieu !

    Son image disgracieuse remuait, tenant ses promesses
    Entraînant une masse émerveillée et pécheresse
    Dans un horizon froid, gluant et clos
    Elle les emmenait secrètement à leur tombeau


    Les deux femmes

    Viens dans l'alcôve de ton meilleur vêtement
    Te faire croquer et avaler comme une prune
    Vaste, vide d'un mystique imprégnant
    Fait de marbre, d'hyacinthe et d'amertume

    En ce lieu tu délecteras tes plaisirs infâmes
    Et ta correction toi qui es basse dame
    Du fond de ton identité s'épanouie ta débauche
    Je te renverrai ton portrait honteux et moche

    Au nombre de tes trahisons je meurtrirai ta chair
    Indolente par la jouissance déjà déshonnorée
    Contre un Sadiens pilier d'une sinistre gentilhommière
    Je serais l'incube de ta nuit, succube des quantités

    La froidure de cet endroit malsain, néanmoins
    Laisse sur ta peau sa douloureuse signature
    Lorsque tes stigmates se déposent sur tes reins
    L'Achéron s'abreuve de ton sang impur

    Viens dans mon temple dans ton exquise douceur
    Froid par sa grosseur, immuable dans le temps
    Où l'émerveillement libérera ton élan
    Toi, déploiement de magnificence, ardente lueur

    Déité au teint du blanc des pôles
    J'ai fondé langoureusement ce portique
    De pierres invétérées d'ères antiques
    Pour voir tes pieds fouler son sol

    Et ton corps nu comme Eve, chaleureux en puissance
    Se balancer à l'humeur de ses sens
    Sur l'autel où repose l'urne de la loyauté
    Et la rapière de l'infidélité

    Ton visage d'ange ne mérite pas la souffrance
    Ses perles noires sont maudites
    Cueilles ton bonheur en ce champ immense
    Ses profondes racines ne s'abaissent à Lilith

    L'élaboration soigneuse de l'ossature
    Presque divine, majestueuse et imposante
    Accueille un soleil de miniature
    Quand s'élève l'aube éclatante

    Viens dans l'alcôve dans ton exquise douceur
    Tremper ton faste dans cet éther imité
    Ascensionnes les marches de ton honneur
    Et reposes-y femme, sur son sommet.


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