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Les écrits perso
des internautes
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Slapjack (Page
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Il l'aimait
Vous l'avez vu, ce soir-là. Il marchait
en direction du port. Il titubait. Sa démarche hésitante vous avait fait
sourire. Ivre ? Peut-être. Les lampadaires l'éclairent d'une lumière vague.
Anonyme. Piéton parmi les piétons. Homme parmi les hommes. L'air triste,
voûté, perdu. A sa main, une photo. D'une femme. Sa femme. Jolie, souriante,
les yeux rieurs. Il marche, la tête baissée. Les yeux rivés sur cette
photo, comme le prolongement naturel de sa main. Comme s'il n'était là
que pour porter cette photo. De celle qu'il aimait. De celle qui ne l'aimait
plus. Comme le disait la lettre. Pouquoi ? Aucun des deux ne le sait.
Les sentiments s'en sont allés. Petit à petit. De l'espoir ? Il s'y était
raccroché depuis longtemps. Trop longtemps. Ses pas résonnent. Le pont.
Il s'arrête. Un regard machinal vers l'eau qu'il ne peut distinguer. Il
s'écarte du parapet, secoue la tête, s'éloigne un petit peu. Il lève la
tête, observe les étoiles. Il les admire. Sa femme aussi est une étoile.
Belle et inaccessible. Il secoue encore une fois la tête. Comme pour se
sortir d'un rêve. Il est à nouveau contre le parapet. Il regarde la photo.
Sourit. Un bruit de chute. Et puis plus rien.
Des souvenirs, des rêves,
des espoirs
A ces regards que nous avions échangés.
A ces fous rires qui pour un rien nous prenaient.
A ma joie de t'avoir à mes côtés.
A ces lueurs, dans nos yeux, qui brillaient.
A ces très grands moments que nous avions passés.
A mon sourire dès que je te voyais.
A toutes ces choses qu'on avait partagées.
Et puis je t'avais dit : " Vas-t-en,
pour que tu me manques ".
Je regrette
Je regrette de ne pas avoir de frère
ou de sœur.
Je regrette d'avoir, une fois, voté écologiste.
Je regrette les cônneries que j'ai faites.
Je regrette de ne pas être mannequin.
Je regrette d'être ce que je suis.
Je regrette d'avoir payé ma redevance si on ne voit que Star Academy,
le Loft ou Histoires Naturelles à la télé.
Je regrette d'avoir mal jugé des gens.
Je regrette d'avoir abusé des crêpes au jambon, hier soir.
Je regrette d'avoir fait pleurer mes parents.
Je regrette d'avoir oublié d'acheter du pain.
Je regrette d'être désespérement seul.
Je regrette de n'avoir même pas pu être mal accompagné.
Je regrette de ne pas avoir assez écouté ceux qui m'aiment.
Je regrette de ne pas m'être abonné à Canal Plus.
Je regrette de ne pas oser dire à ceux que j'aime que je les aime.
La devise du bar
Je me demande encore comment j'ai atterri
ici.
" Faut qu'tu viennes avec nous, Matt, viens au moins prendre
Un verre ou deux, t'aimeras bien, j'te parie,
Un conseil, jette un œil à la serveuse quand tu rentres,
J'crois qu'y a des mecs qui viennent rien qu'pour la voir ! "
(A présent, tu parles que j'les comprends, les salauds !)
" Allez, ramène-toi, Matt, c'est l'heure de l'apéro. "
C'était Julien, ça, il ya trois mois, qui m'emmenait au Red Bar.
Putain, il est pas immense ce bar, c'est
clair, il est pas grand,
Et puis, parfois, l'patron s'amuse à t'niquer les tympans.
Si tu te retrouves assis là, trop près du baffle.
(J'aurais pas dû écrire ça, j'trouverais jamais de rime en " affle "…)
Faut dire aussi qu'j'en ai vu des bizarres ici.
Des mecs qui causaient au mur, ou aux bouteilles.
Sans doute pas bien remis d'leur biture de la veille.
Putain, Tony, dis-moi, comment j'ai atterri ici ?
Mais, j'sais pas trop pourquoi, j'm'y
suis trouvé bien.
Si, si ! Sans déconner ! La preuve, c'est que j'y viens
Presque tous les soirs ; j'm'y suis fait des amis.
Avec eux, on se retrouve, on boit, on dit des cônneries.
On rigole, on re-boit, parfois on est sérieux aussi.
Si, mais bien sûr qu'ça arrive ! Puisque j'te l'dis !
Bon, ça peut arriver aussi que je n'aie
pas l'moral.
Je bois une bière ou deux, et " Bon, les gars, je m'en vais ! "
J'ai pas trop le cœur à rire, et j'ai même plus dix balles
Dans mes poches. Dans ces cas-là, vaut mieux ne pas rester.
A deux pas de la porte, Tony me rappelle.
" Non, non, mon pote, attends, tu pars pas comme ça !
Depuis le temps que tu viens, tu devrais savoir la règle. "
" Oh putain ! Qu'est-ce qui se passe ? Pourtant, hier soir,
J'lui avais tout payé… Enfin, quoi… Qu'est-ce c'est qu'ce foutoir ?
A ma grande surprise, avec un clin d'œil, il me ressert à boire.
" Tu l'sais : ici, c'est seulement quand t'es raide, qu'tu t'barres !
"
La France
Oyez, oyez, bonnes gens !
Sortez vos têtes du sable, ôtez vos œillères,
Sciez vos chaînes, envoyez vos complexes et vos bonnes manières
Aux quatre vents !
La France :
Mais qu'est-ce qu'il nous veut celui-là ?
T'entends c'qu'il a dit ?
Mais pour qui nous prend-t-il ?
Nous sommes dans un pays libre, égalitaire et fraternel !
La Révolution, Marianne, les Droits de l'Homme, tout ça.
Putain, mais t'es qui pour me faire chier chez moi
Quand je regarde Drucker ?
Non, non ! Attendez ! S'il vous plaît
: écoutez-moi !
Faites l'amour, pas la guerre !
La France :
Tu veux que tout le monde s'aime ?
Mais t'es pédé ou quoi ? D'abord, t'as pas de leçon à m'donner !
Un jeune qui veut m'en apprendre, à moi ! T'as pas vécu,
Tu connais rien au monde ! Moi, oui, moi, j'en ai vu
Des choses ! C'est toi qui devrais m'écouter,
Et te taire, avant d'avoir des problèmes.
Juste une dernière chose, et je m'en
vais, promis.
Dites-moi, avez-vous au moins rêvé, dans votre vie ?
La France :
Rêver ? Mais j'ai autre chose à faire, moi, figure-toi.
Je travaille, moi ! Rêver, c'est bon pour les bons à rien
! Et puis, moi, j'aime tout l'monde. La preuve : j'adore mon chien !
Un beau berger allemand, c'est le chien-chien à son papa, ça !
J'te l'dis : j'aime tout l'monde (sauf les Arabes, les Chinois,
Les Noirs, les Juifs, les Communistes, les hommes politiques,
Les artistes, les jeunes, Evelyne Thomas et la paella).
J'suis pas un mauvais bougre, moi. J'suis pacifique,
Sauf quand on vient me faire chier chez moi : alors va-t-en,
Parce que je resterai plus pacifique très longtemps !
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