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Les écrits perso
des internautes
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Stan
:
Sur un air de folie
Je suis le gardien d'un secret depuis
trop de temps. Il me pèse, me hante, me détruit, me ravage. Longtemps
je l'ai assumé mais tel un parasite, il me tue à petit feu. Je me meurs.
Voici donc ma funeste thérapie… vous raconter mon histoire…celle d'un
parfait inconnu… un homme qui vous est autant étranger que des milliards
d'autres… un homme ressentant par-dessus tout le besoin de se confesser.
Vous serez mon purgatoire, mon passage obligé. Je laverai mon âme sous
la douche de votre jugement.
Acceptez mes aveux, je suis prêt à faire pénitence. Châtiez mon corps
par la morsure de votre haine, devant votre potence, je courbe la tête
et vous offre mon cou.
* **
Je suis… enfin non… je recommence. J'étais un simple
employé de bureau. L'un de ses hommes faisant face à sa quotidienne monotonie
de 8h00 le matin jusqu'à 18h00 le soir. Je subissais une vie que je haïssais,
j'étais le spectateur de ma propre banalité et n'arrivais à devenir ni acteur
de mon destin ni protagoniste de ma vie. Pourtant j'en avais tellement envie.
J'évoluais au sein d'une grande société prônant la non-reconnaissance. Je
n'étais qu'un numéro, un matricule parmis tant d'autres.. payé en fonction
d'un barême… on nous fondait dans la masse… et nous devenions des zombies
lobotomisés avançant au rythme d'une routine navrante. Je dis " nous " car
nous étions énormément… une très grande entreprise, à l'échelon national
courant après le rendement au détriment de la personne… rien de bien exceptionnel
me direz vous… un homme banal dans un environnement banal… la goutte d'eau
perdue dans l'océan… une particule d'air ne servant à rien.
Car oui… quelle est ma valeur ajoutée ? Comment serait le monde sans moi ? Le même… nous ne sommes tous que des pâles copies les uns des autres… nous nous revendiquons
tous différents alors que nous agissons tous de la même façon… Exemple,
ces pseudos-rebelles ados écoutant du rock et rejetant la société… satisfait
d'une marginalisation affligeante… ils sont tous habillés de la même manière…
écoutent tous le même rock qui passe en boucle sur Europe 2… en un mot du
commercial… ils suivent une mode… ils ne peuvent être rebelles mais sont
plutôt dignes représentants de notre société de consommation… Enfin je m'égare…
Revenons à nos moutons. J'étais insatisfait de mon évolution… où étaient
mes rêves d'enfants… devenir preux chevalier capable de défier monstres
et dragons afin de conquérir le cœur de ma belle princesse. Perdus, oubliés…
mes rêves sont devenus idées… puis souvenirs… et enfin oublis. J'ai l'impression
d'être un pessimiste invétéré, un soldat à la solde de la non-joie… et bien
pas du tout, j'avais un rayon de soleil…
* **
Mon Amour, mon cœur… la joie
de voir que j'étais utile à quelqu'un… le plaisir absolu d'aimer et de se
sentir aimé… elle était cette sensation d'avoir toujours quelqu'un derrière
soi… même si on ne la voit pas tout le temps… on la ressent à chaque instant…
Elle était définition de douceur… exemple de bonté… elle se gorgeait des
rayons du soleil le jour pour diffuser une réconfortante chaleur la nuit… Chaque regard, chaque mot… était une leçon d'humilité pour moi… peut être l'élevais-je au rang de déesse, la mettais-je sur un piedestale… mais elle
était mon œil, celui qui m'a permis de m'apercevoir de la beauté du monde,
celui qui m'a fait comprendre la pauvreté de mes idées, celui qui nous observe
constamment. Cette personne, que je chérissais plus que tout, semblait être
l'exception… celle qui me ferait perdre les plus ancrées de mes certitudes.
Je dis bien " semble " car l'objet de mes désirs se transformera vite en
arme de mes cauchemars… elle va devenir mon ravin, mon gouffre, ma torpeur…
elle n'était pas ce qu'elle prétendait être… et moi..je le savais, je l'ai
compris ou plutôt j'ai finis par le comprendre et elle devait payer pour
s'être foutue de moi. Elle travaillait de nuit… dans un bar… qu'elle dirigeait.
C'était un café branché qui attirait énormément de gens… une clientèle jeune,
étudiante… On peut dire qu'elle avait un sens inné des affaires… elle organisait
des concerts, des soirées à thème… elle animait sa boîte… et les gens la
félicitaient continuellement d'avoir ouvert sur un secteur tellement pauvre,
un endroit où l'on pouvait s'amuser… se détendre… discuter… Elle en était
très fière. Mais qui dit travail de nuit… dit repos le jour… donc on se
voyait très peu en fait… mais nous vivions intensément chaque moment passé
l'un avec l'autre… Elle ne donnait pas l'impression d'être touchée par la
fatigue… chaque matin était rayonnant… son teint était des plus frais… sa
peau tellement douce… nous faisions l'amour chaque jour… Elle rentrait,
se déshabillait, approchait son corps chaud près du mien… si proche que
je pouvais sentir son souffle humide mourir sur la cascade de ma nuque.
Elle m'enlaçait, m'étreignait… je me réveillais chaque fois avec un désir
plus ardent … je me noyais dans son regard… si perçant… si mystérieux. Tout
le problème est là… le mystère attire… nous sommes attirés par ce que l'on
ne peut comprendre… s'immerger dans les méandres d'un esprit qui n'est pas
le nôtre… voilà ce qui est excitant… voilà ce qui la rendait si différente…
Mais…
* **
Les choses "bizarres" commencèrent en cette étrange journée
d'avril. Quand les gens jouent un rôle, le naturel finit toujours par revenir…
ils finissent par se dévoiler... et la personnalité de mon être cher semblait
plus qu'étrange… je dirais même terrifiante. Ou peut-être a-t-elle toujours
agit de cette manière et je venais seulement de me rendre compte à quel
point elle pouvait avoir un comportement pour le moins curieux. Point déroutant,
quand elle se brosse les cheveux, se lavent les dents, se maquille ou se
démaquille… elle ne se regarde jamais dans le miroir… je n'ai jamais vu
le reflet de sa splendeur dans aucune glace… elle semble fuir tout ce qui
pourrait refléter son image. J'ai d'abord cru à un complexe… mais je faisais
fausse route…. J'ai commencé à rédiger, dans mon crâne, des scénarios idiots
à la hauteur de ma bêtise et à me convaincre de la réalité de ces absurdes
pensées. Je ne l'ai jamais vu manger d'ail…. Elle est athée… Et si elle
était plus créature de la nuit que je ne le pensais… elle est peut être
l'un de ses parasites qui trouvent l'éternité au travers de la mort des
gens… jubilant du pouvoir qu'ils ont… se croyant le maillon fort de la chaîne
alimentaire… elle est peut être un… Vampire. Nous y voilà… le mot est lâché…
il va trotter dans ma tête repoussant les barrières de croyance que je m'étais
érigé. C'était étrange, j'avais la certitude de faire fausse route et en
même temps l'intime conviction que j'étais dans le vrai… pourtant elle ne
semblait ni s'abreuver de sang ni dormir dans un cercueil… elle n'était
pas froide… bien au contraire… elle brûlait comme les flammes de l'Enfer,
aussi ardente que les braises d'un feu incandescent. Je ne comprenais pas.
Chaque mot sortant de sa bouche était analysé… décrypté… réinterprété… Exemple
: "Ce soir je mangerais bien une entrecôte saignante". Les mots "soir" et "saignante" dans la même phrase me terrorisaient… je commençais à
ressentir de la peur en sa présence. L'inquiétude liée à la crainte me révulsait,
ne m'inspirait que du mépris pour cette personne que j'ai tant aimée…. ou
peut-être suis-je en train de devenir fou, de sombrer petit à petit dans
cette folie incontournable que j'attendais peut-être. J'ai fini par la suivre…
je devenais une ombre errante… tapie dans les recoins obscurs de la ville…
j'étais continuellement derrière elle. J'aurais même pu devenir l'un de
ces pseudos-détectives que l'on voit dans les fades séries américaines tellement
je faisais de la discrétion ma douce concubine… Cela a duré deux semaines.
Je travaillais le jour… je traquais la nuit. Pas de repos, pas de répit
mais je ne me sentais pas las… j'étais habité tantôt par le Démon de la
Curiosité, tantôt par celui de l'Inquiétude... l'angoisse de découvrir ce
qu'elle est… l'angoisse de découvrir ce que je suis… un taré vivant dans
un univers qu'il s'est créé de toutes pièces dont il n'arrive pas à se sortir…
enfermé dans son déséquilibre mental… car pendant ces quinze jours, rien.
Aucun signe de vampirisme… aucun corps allongé sur le sol privé de son sang…
aucune canine trop grande…rien.
* **
Nous ne discutions plus beaucoup… Je
tuais notre relation au fur et à mesure que mon esprit dérivait sur ce fleuve
d'incertitude… Elle ne semblait pourtant pas s'en émouvoir. Elle paraissait
indifférente… et cela m'attristait au plus haut point. Ne représentais-je
rien pour elle ? Ces ébats, ces longs moments de plaisir, ces longues conversations
du début de notre relation… tout semblait balayé… rien ne paraissait avoir
jamais existé…D'Amours nous sommes devenus Amants pour finir Colocataires…
et je savais que c'était de ma faute. Je passais mes journées enfermé dans
mon petit bureau à me marteler l'esprit de pensées insensées… et la nuit
je la passais à fumer clopes sur clopes… me tuer à petit feu ? De toute
façon, je me sentais déjà mort... je n'étais plus qu'une enveloppe charnelle
privée de sa raison de vivre… un bout de peau sans âme… un zombie. Sauf
ce matin là… Rentrant de sa nuit… elle s'est déshabillée et s'est couchée…
nous n'avons pas fait l'amour, cela faisait plusieurs semaines que nous
ne nous étions pas touchés d'ailleurs. Je me suis levé et j'ai vu sur son
T-Shirt… quelques gouttes de sang… J'étais à la fois satisfait, j'attendais
un tel signe depuis si longtemps… et effrayé, j'avais raison. Je me suis
senti assaillir par ces quelques mots : " Tu vas payer salope… putain de
vampire tu vas crever. " et ils revenaient inlassablement… ils s'ancraient
dans mon crâne comme un tatouage sur ma peau. Puis je me suis mis à pleurer…
en la voyant allongée sur le lit… si belle… elle dégageait une telle sensation
de quiètude… ma princesse au bois dormant… et j'allais la tuer. Il fallait
que je la tue. Elle a dû sucer le sang de tant de personnes. Il fallait
que cela cesse. Comment tue-t-on un vampire ? Les rayons du soleil ! Non…
elle vivait aussi bien le jour que la nuit… Le pieu dans le cœur ! Cela
me semblait une idée bien plus saine… plus plausible… Pendant son sommeil…
je me suis dirigé vers la cuisine… pris le balai… cassa le manche et commença
à le tailler avec un couteau de cuisine… Je pris mon temps, je prenais plaisir
à créer enfin quelque chose de mes mains même si c'était une arme… Je chantais
à voix basse une chanson improvisée sur l'air de l'une de ces comptines
pour tout petit… les paroles évoquaient la mort de cette truie qui allait
crever dans son sang et retrouver Satan dans un lieu qui lui était gardé
: l'Enfer… et je souriais à chaque rime… auto satisfaction de lyrics cruels
et de mots qui allaient devenir réalité. Le bout de bois suffisamment taillé
pour pénétrer sa chair tendre… je connaissais son corps et savait que ce
pieu de fortune atteindrait son cœur sans aucun problème, qu'il transpercerait
chaque obstacle et finirait sa course dans son omoplate. Je me dirigeais
vers ma caisse à outil afin de prendre le marteau puis en route vers la
chambre. Au passage je me suis arrêté devant le miroir… j'ai eu peur de
ce qu'il me montra. J'étais cerné, les yeux rougis par la fatigue, j'étais
pâle, livide comme un fantôme, le front maculé de sueur… j'avais maigri
d'au moins six kilos en quinze jours… je ressemblais à un toxico en manque…
mais j'avais une autre mission à remplir que celle de m'attarder sur mon
esthétique… je n'étais pas parti faire un défiler de mode… je m'en allais
sauver le monde et le monde allait bientôt me remercier de l'avoir sauvé.
Quelques pas au ralenti, puis me voilà dans la chambre… le décor de tant
d'ébats… elle était allongée sur le dos, ce qui allait me faciliter la tâche…
ses lèvres… si pulpeuses… au goût si unique, allaient bientôt perdre cette
saveur qui les caractérisaient tant. Je m'installa au-dessus d'elle, déposa
le pieu au dessus de son cœur, l'autre main tenant le marteau et attendant
de rendre son verdict… puis je crias… je voulais qu'elle se réveille… qu'elle
tremble pour une fois… qu'elle voit son sang recouvrir mon visage… "Tu
vas crever sale pute !!!" Elle ouvrit les yeux en sursaut, elle dû voir
la folie défigurer mon visage… elle semblait ne pas comprendre et je n'allais
pas prendre le risque de lui expliquer et lui laisser le temps de me montrer
la force des Vampires… alors je me mis à frapper sur le pieu de toutes mes
forces, une fois puis deux, puis trois… chaque giclée d'hémoglobine me donnait
plus de courage pour lui asséner le coup suivant… le sang commençait à apparaître
dans sa bouche… un filet qui coulait doucement sur son oreiller… je riais…
je pleurais mais je continuais à frapper… le pieu la transperça, on pouvait
voir des lambeaux de chair à l'extrémité de la pointe qui apparaissait dans
le dos. Puis plus rien… Le silence… Elle ne s'est pas mise à brûler… elle
ne s'est pas transformée non plus… ses dents n'avaient pas poussé… elle
était simplement…. morte.
* **
Et savez vous ce qui me traversa l'esprit à cet instant ? Mon travail. Il fallait que je me prépare pour aller travailler… Je me suis alors levé… direction la salle de bain afin de prendre une douche…
effacer les traces que cette créature avait laissée sur ma peau… son sang
était tellement rouge… Je la laissais derrière moi, le manche à balai sortant
de son thorax… empalée… la bouche ouverte, ainsi que ses yeux semblant alors
aussi vides que les miens. Puis je suis parti... et eu une pensée effrayante…
Si elle était Vampire la nuit… elle avait forcément des semblables… faisait
partie d'un clan surnaturel honorant la Mort… et avait donc un repère… le
club, cette saloperie de club grouillant de petits monstres à l'affût du
moindre passant pour lui pomper son fluide vital !! Toute la journée cette
idée germa dans les méandres de mon cerveau… je n'avais exterminé que la
Reine… il me fallait maintenant détruire la ruche. Je passai la journée
sans faire remarquer à mes collègues l'anormalité de mon comportement… ils
ne comprendraient pas… ils ne me croiraient pas… je ne me suis jamais senti
aussi seul de toute ma vie… mais un jour ils se rendront compte que j'ai
sauvé leurs misérables petites vies qu'ils affectionnent tant et qu'ils
n'échangeraient pour rien au monde. Je demandas à finir ma journée plus
tôt, prétextant un rendez-vous chez le médecin… puis me dirigea vers un
supermarché… J'achetai huit jerricans d'une contenance d'une dizaine de
litres chacun… et alla vers la station d'essence la plus proche. Je m'apprêtais
à faire cramer tout ce merdier… à regarder le feu faire mon office… lécher
les corps immortels de ces satanées " choses "… entendre les hurlements
de désespoir d'une civilisation qui ne sera bientôt plus qu'un souvenir
pour moi et qui restera à tout jamais un mythe, une histoire de Bram Stocker
pour les autres. Il me fallait retourner chez moi, prendre la clef du café
pour préparer la pièce à subir de plein fouet une vague de souffrance qui
retentira au travers de la ville toute entière.
* **
J'entra chez moi, me
dirigea machinalement vers la chambre afin de vérifier qu'elle ne se soit
pas transformée en une chauve-souris ou un quelconque animal nocturne et
ne se soit pas évadée. Elle était bien là, dans l'exacte position dans laquelle
je l'avais laissée, une photographie de l'instant passé, d'un matin effroyable
qui laissera à jamais une trace indélébile dans mon avenir. Elle était si
belle, le rouge lui allait si bien… mais je n'étais pas venu contempler
une toile de maître mais bel et bien pour finir le travail que j'avais commencé
et que j'aurais dû faire il y a bien longtemps. Je pris les clefs et envoya
un baiser de ma main en sa direction… lui dire un dernier au revoir… c'était
tellement dommage... nous nous entendions si bien… elle m'avait fait croire
en l'Amour… quelle déception. Je partis, pris soin de bien fermer le porte
à double tour derrière moi… monta dans ma voiture… une Peugeot 306 Break
capable de contenir tous les bidons d'essence dans son coffre sans pour
autant que les personnes extérieures ne s'aperçoivent de quoi que se soit…
la voiture idéale… puis je suis allé vers le Club. Le véhicule semblait
connaître ma destination, j'avais perdu toute vigilance au volant mais je
roulais bien… la police n'aurait pu m'arrêter pour un défaut de conduite…
Le voici… antre démoniaque abritant la nuit un parc de créature autosatisfaite
de leurs conditions de merde, vivant dans l'illusion d'une immortalité qui
prendra fin dès ce soir… ils grilleront tous… jusqu'au dernier… je me délecterai
de cette odeur de carbonisation… jouissant de cet instant de victoire. J'entras,
installas les bidons dans des endroits stratégiques et dissimulés afin que
ces cochonneries ne puissent sentir aucune effluve d'essence… ne voir rien
de surprenant dans cette pièce qui leur est tant connue. Je sortis… referma
la porte puis alla m'installer dans ma voiture… attendant patiemment l'ouverture.
Mon amie n'ouvrait jamais la boutique… elle arrivait généralement deux heures
après l'ouverture donc cela ne choquera personne de ne pas la voir surgir
et dans deux heures tout sera fini. Les premiers serveurs arrivèrent… Ils
ouvrirent… Et une heure plus tard… le bar était plein. J'avais gardé quatre
bidons… pour en vider leur contenu à l'extérieur… une prison de feu… ils
seront encerclés par les flammes et ne pourront plus sortir. Un sanctuaire
de décadence dans un univers persécuté par la folie et le meurtre… ce soir
je me masturberai dans leurs cendres… et j'attendrai un orgasme insoupçonné.
Je rentrais à l'intérieur, il y faisait chaud… une étouffante chaleur… les
jeunes ne semblaient pas s'être aperçus de mon arrivée… ils avaient l'air
de s'en moquer… ils continuaient à siroter leur bière en écoutant de la
zique et en discutant révolution… tout semblait "normal". Mais je savais
que ça n'était qu'une couverture, ils ricanaient tous sur moi... et les
doutes ne purent prendre place dans mon esprit… j'étais déterminé. Je me
dirigeais vers les toilettes et embrasa le premier bidon… quel spectacle…
je suis resté pas moins de cinq longues secondes à regarder le feu enlacer
les murs, la pièce… puis j'allumas les trois autres… ils étaient placés
de telle manière que j'eus largement le temps de sortir de jeter une allumette
sur l'essence déposée sur les murs sans que les gens ne se rendent compte
que la baraque était en train de brûler. Je fermas la porte d'entrée à clef…
au cas où… Puis les premiers "Au feu !!!" se firent entendre, " La porte
est fermée !!! " et ce que j'attendais le plus les premiers " Ah Ah !!!
" de douleur. Le feu s'était propagé d'un coup, les tables, les chaises,
le bar… tout était en bois… ils n'eurent le temps de se rendre compte que
la Mort allait les accueillir à son côté… tous ces corps grillés… ces peaux
fondant comme la cire d'une bougie… cette scène ressemblait à celle de Carrie
au Bal du Diable de De Palma… la scène finale devenue culte. J'étais là
à contempler mon œuvre, ravi d'avoir débarrassé ma vie de ces monstres…
heureux de voir que mon cauchemar prenait fin… et tellement étonné de ne
rien voir de surnaturel dans le déroulement de ce massacre… Ils jouaient
vraiment bien la carte du secret… dissimuler leurs véritables identités…
se fondre dans la masse… ils resteront une peur pour les fans de cinéma
fantastique sans qu'ils aient pour autant la certitude de leur existence…
ils sont vraiment forts… mais moi je n'étais pas dupe… moi j'ai tout compris…
et moi j'ai agit.
* **
Comble de l'ironie... aujourd'hui je suis enfermé
en hôpital psychiatrique… on me traite à coup de calmants, de cachets et
de discours sur l'instabilité de ma conscience. Ils ne me croient pas… personne
ne me croit… au lieu d'être fondu dans la masse de mon entreprise… je suis
fondu dans la masse des tarés… des aliénés… des dépressions nerveuses… mais
des choses étranges se passent ici… les nuits de pleine lune… les gardiens
ont un étrange comportement. Ils se rassemblent autour de leur chef, tel
une meute, et sortent de l'établissement. Quand ils arrivent dans le jardin,
je les vois se transformer en loup et revenir au petit matin leur bouche
en sang… je les hais… je les détruirais… je les ferais tous brûler.
Le 03/04/2004
Reviens plus tard
Ange funèbre et funeste,
Tu déranges ma paix intérieure.
Tu évolue dans les ténèbres et la tristesse,
En stoppant à jamais les battements de nos cœurs.
Ta main agit telle la corde du bourreau.
Pendue au coup de tous ces pêcheurs.
Mais demain, retentira la cloche de l'éternel repos
Pour tous ces gens dont tu as été le persécuteur.
Mais pourquoi moi ?
Tu es l'ombre et la lumière ;
Cette clarté au bout du tunnel.
Bon nombre pourrait utiliser la prière
Pour écarter ton courroux éternel.
Mais en vain.
Car tu n'es ni Dieu, ni Diable.
Mais enfin,
Tu deviendras les yeux de l'absurde, de l'impensable.
Mais pourquoi moi ?
Tu es la Mort, descendant de la nature,
Tu fais partie du cycle de la vie.
Laissant les familles alors, subir l'atroce torture
D'avoir perdu plus qu'un ami.
Tu es mariée aux larmes,
Enfantant le désespoir.
Tu ne sèmes que les graines du damne,
Sur les terres d'un jardin illusoire.
Mais pourquoi moi ?
Pourquoi t'acharnes-tu sur moi ?
Pourquoi venir me chercher ?
Moi qui connais le bonheur d'aimer,
Moi qui aie dans le cœur, des courants d'air de joie.
Je tiens à cette vie que je mène.
Aux personnes que je chéris.
Je ne veux pas voir Emilie,
M'offrir mes drnières chrysanthèmes.
Je l'aime plus que tout.
Plus que ma propre vie.
Pour son bonheur, je suis prêt à tout,
J'irai jusqu'à défier Enfer et Paradis.
Alors va-t-en !
Je ne te suivrai pas sur la route de l'oubli.
Je resterai sur le chemin et tant pis
Si je faisais partie de ton plan.
Tu perds ton temps.
Sur ma vie, tu ne règneras pas.
Le 12/11/2003
Laisse-moi dormir
Les paupières frétillantes de fatigue,
Les yeux rougis de lassitude,
Tendre Morphée, au travers de tes mains, tu me prodigues
Une intense vague d'amertume.
Je cours chaque soir, au travers de terres
inconnues
Dans le but de te rencontrer enfin.
Je recommence quotidiennement cet étrange chemin,
Perpétuelles déceptions d'illusions perdues.
Je te vois pourtant au firmament de ma
vie,
Dieu dans sa splendeur ancestrale.
Grand Prêtre des aventures de mes nuits,
Libère-moi de ces chaînes lacrymales.
Je n'en peux plus de cette quête sordide
M'ayant ouvert les portes vers des pulsions morbides.
Je suis prêt à sacrifier ma vie pour enfin te rencontrer,
J'en deviens ennemi de la pureté de la journée.
Laisse-moi venir auprès de toi,
Que je dorme enfin d'un sommeil paisible.
Evacue de ma tête toutes ces idées nuisibles
Ne me provoquant que désarroi.
Aide-moi, je t'en supplie.
Accepte mon unique requête.
Cela fait des jours que je te prie
Et que devant toi, je baisse la tête.
Alors entend-moi !
Toi qui règne sur les Cieux !
Toi qui règne sur les Dieux !
Toi qui règne sur les Pieux !
Entend-moi.
Je suis éreinté et à présent je me sens
glisser.
Coupe ce fil qui, au monde des vivants, est attaché.
Je n'ai pas peur de traverser le fleuve maudit,
Car j'ai toujours dans ma poche une pièce sertie.
Je suis ravi d'avoir la mort pour concubine
;
Cette amie qui m'offrira ma dernière étreinte.
Si la mort est la seule issue, écoute ma complainte,
Si elle est le seul obstacle pour fouler ton empreinte
Alors je l'accepte sans contrainte et t'offre mon hémoglobine.
Boit à la coupe ce nectar sanguin,
Ce fluide vital qui est le mien.
Je vais enfin pouvoir m'endormir,
Ferme les yeux petit enfant, la Faucheuse tu ne peux la fuir.
Ode à la Mort ! Ode à la Nuit !
Louange à toi ! Sorcier de Minuit !
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