• Les écrits perso des internautes
  • Aliotis :

     

    Le monde artificiel

    Une ville moderne.
    Milles rues sombres et ternes.
    Parmi ces avenues diverses,
    Le bitume détrempé par l'averse,
    Des néons brillent par centaines,
    Illuminant des voitures malsaines.
    L'atmosphère lourde et humide,
    Pèse sur toutes les pensées perfides.
    Là-haut on ne peut distinguer
    Que d'immenses gratte-ciel délabrés.
    Au milieu des boulevards asphyxiés,
    De nombreuses filles peinturlurées
    Vendraient leur âme pour manger.
    Des vitres obscures sur des portes fracassées.
    Un ciel orange, délavé et sale.
    Tout dans cette cité inspire le mal.
    Personne n'a de sentiment sauf pour l'argent.
    Seule la délinquance s'y apprend.
    La compassion n'est plus que cruauté.
    L'amitié n'a que valeur d'intérêt.

    Au milieu d'un quartier désaffecté
    Entre deux maisons défoncées,
    Un terrain vague, comme abandonné.
    Univers d'ordures et de saleté.
    Un homme passe dans l'obscurité,
    Regardant ce paysage, désabusé,
    Quand soudain parmi les nuages impénétrables,
    Se produisit, brusquement, l'incroyable :
    Un rai de lumière, pourtant, passa,
    Et un tas d'immondices s'illumina.
    Là un enfant plante un arbre chétif mais beau
    La rosée cristalline coule en goutte d'eau
    C'est un arbuste vert, feuillu et lumineux.
    L'enfant l'arrose, s'en occupe comme il peut,
    L'enfant le soigne comme il l'aimait.
    L'homme, intrigué, lui demande ce qu'il faisait
    L'enfant le regarda : - Je vis l'espoir. -

    26 mai 2000, 23h42


    Sens du désordre

    Un chat dans un ruisseau,
    Un plat sur un cannot.
    La poésie mêle les mots,
    Bouillie dans l'incognito.
    Tout sans apparence ni rêves,
    Rien avec un sans ni trève.
    Pour la musique un sonnet.
    Pour la poésie un menuet.
    L'ordre est une chose établie,
    Le poème est un texte non dit.
    Les phrases se mélangent
    Les mots se rangent
    Point n'est besoin d'être aplati,
    Le désordre est beau dans la poésie.
    Même si on mélangeait les langues
    La voix blanche volerait tel un harfang.
    Voilà, on pense que c'est fini,
    Mais on peut continuer, rien n'est établi…

    18 septembre 2000, 09h36


    Aux rivages de la volonté

    Perdue au milieu du néant
    Aucune prise pour se raccrocher
    Toujours on aperçoit une sombre clarté
    Perdue au milieu de l'infinité du temps.

    Un esprit désireux de vivre.
    Mais il est séparé entre deux volontés.
    L'une veut la mort, froide comme le givre
    L'autre de la fin veut à tout prix s'écarter.

    Quelle moitié va succomber ?
    Le corps suit-il toujours ce que dicte la volonté ?
    Qui peut donc protéger le corps et la pensée ?

    Et le bonheur n'est-il que comme la pluie ?
    Le bonheur étincelle, il est comme une étoile
    Disent tous ceux qui ont du cœur
    Mais chaque étoile meurt quand vient son heure.

    Je crois que ce que m'a dit un ami est vrai :
    Le bonheur est pareil aux vagues.
    Il arrive dans une vie pour s'éclipser
    Quelquefois la vague est grosse, d'autres plus petite
    Mais toujours la mer d'huile refait surface.

    Et à marée haute tous craignent de se noyer…

    29 juillet 1998, 01h36


    Soupir des songes

    Viens à moi pour apaiser ta douce colère
    Viens à moi doux cœur qui m'est cher
    Viens à moi pour recevoir ce don maudit
    Viens à moi afin de goûter le fruit béni

    Transperce-moi avec ton dard puissant
    Deux corps attirés, repoussés incessament
    Eclatement de deux chairs enlacées
    Fulgurance des respirations saccadées

    Ce ventre, siège du désir brûlant
    Attendant l'apaisante étreinte des corps
    Comme le bateau arrivant enfin au port
    Comme la destinée des grands flamants

    Deux verges enflammées en cris de libérateur
    Comme le moment dont ce serait l'heure
    Puis, le trait de lumière apport de jouissance
    Apaise les esprits et calme la cadence.

    Ainsi va la vie, ainsi va l'amour.

    9 novembre 1998, 22h01


    Le temps

    On se dit souvent : le temps est comme le vent.
    Moi je vous le dis : le vent est comme le temps.
    Il faut savoir ne pas se tromper sur ces mots ;
    Car le vent, et surtout quand il fait chaud,
    De l'hydre infernale, il devient un doux agneau.
    Ainsi le temps n'est pas changeant.
    Contraire du vent prisonnier de son enclot,
    Le temps court aussi vite que les mots.
    Le temps passe, les gens trépassent.
    Qu'importe pour lui, il n'est que le temps !

    Le coureur veut-il le rattraper dans sa course ?
    Il n'y aura jamais assez de temps.
    Celui qui s'ennuie en a trop
    Il file comme la laine sur l'écheveau
    Le temps n'est toujours que le temps
    Il n'apporte rien de bon, rien de malfaisant
    On essaye de le mesurer, sans pouvoir l'arrêter
    Le temps fait vieillir et ne prend pas une ride
    S'il pouvait parler, que pourrait-il dire ?
    La vie recommence identique
    Pour chacun elle est différente.
    On ne le voit pas mais il sera toujours là
    Le temps reste muet, et c'est ça qui me plaît.
    Prenez donc le temps d'y penser…

    28 mai 2002, 22h46


    Les mouettes

    Couchées sur leur nid de sable,
    Blanche puis dégradée de gris,
    Meilleurs pêcheurs du monde,
    Peuple de la mer et des airs.
    Souvent elles descendent sur terre,
    Effrayées par les petits d'hommes.
    Elles voguent plus loin que les grands voiliers.
    La mer n'est pas qu'une étape, c'est leur terre.
    Aussi bien sur le sable qu'au milieu des vagues,
    Elles se confondent souvent avec les grandes voiles blanches ]
    Petit éclair dans l'azur,
    Dernière trace blanche dans le couchant.


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